Point de situation des violences conjugales en Eure-et-Loir

 
 
Interview de la préfète, le 24 novembre 2020

Dans le cadre de la journée du 25 novembre, la préfète d’Eure-et-Loir Fadela Benrabia a pu faire le point sur la situation des violences de conjugales en Eure-et-Loir.

Cet article est une reprise des propos qu’elle a pu tenir dans le cadre d’une interview donnée à l’Echo républicain, hier, en présence de la déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité, C. Bray.
Seuls les propos tenus à l’oral font donc foi.

Le gouvernement a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes la grande cause du quinquennat. Face à l’augmentation croissante de ces violences d’années en années, il devenait impératif de renforcer la mobilisation de l’Etat, des forces de l’ordre et de la justice, de diversifier les dispositifs pour s’adapter à l’ensemble des situations et d’impacter la population pour induire une prise de conscience collective face à ces violences.

Le Grenelle des violences conjugales en 2019 s’est inscrit dans ce cadre en permettant la mobilisation de plus de 200 personnes dans le département. Elles ont pu faire l’état des lieux de la situation en Eure-et-Loir, ce qui a abouti à l’adoption d’un plan venant articuler les actions des différents acteurs associatifs, judiciaires et étatiques.

Au-delà du Grenelle de 2019, d’autres dispositifs sont mis en place pour favoriser la diminution de ces violences et permettre l’aide des femmes lorsque celles-ci arrivent malgré tout. La formation des forces de l’ordre a été renforcée ces dernières années afin qu’elles puissent mieux repérer et accompagner les femmes victimes. 

La formation des professionnels est ainsi essentielle, puisque chaque agent de l’Etat qui s’inscrit dans un service public doit pouvoir être en mesure de repérer et d’orienter les victimes de violences conjugales. 

De plus, de la prévention en amont est également menée vers les plus jeunes afin de leur enseigner le respect du principe fondamental d’égalité et de respect mutuel entre les femmes et les hommes. 

Enfin, un travail est fait afin de permettre aux femmes victimes de dépasser les sentiments de culpabilité, de honte, d’emprise ou de peur qu’elles peuvent ressentir, et cela en multipliant les espaces où elles peuvent rencontrer d’autres personnes pour en parler et les aider à sortir de ce schéma destructeur.

Plusieurs dispositifs sont donc actuellement mis en place dans le département, comme le bus des femmes, qui parcoure le département, notamment, dans les zones rurales, à la rencontre des femmes, sur les marchés.

Malgré tous les efforts mis en place, le confinement a rendu plus difficile le repérage et le signalement des violences tout en constituant, du fait même de l’enfermement et de la promiscuité, un facteur aggravant. Les violences intrafamiliales et conjugales ont alors explosé sur le plan national et en Eure-et-Loir. Face à ce constat, les services de l’Etat et judiciaires sont restés extrêmement vigilants, et ont été appuyés par le gouvernement qui a su très vite réagir. Plusieurs dispositifs ont ainsi été déployés au niveau national, avec la possibilité par exemple de signaler des violences par SMS au 114 ou sur internet avec la plateforme https://arretonslesviolences.gouv.fr/ , ou de permettre à des femmes de demander de l’aide dans des lieux restés ouverts (pharmacies, centres commerciaux …). L’efficacité démontrée de ces dispositifs a conduit à leur pérennisation.

A la suite du confinement, de nombreux dispositifs ont été renforcés grâce au déblocage important de financements, notamment à destination des associations prenant en charge les femmes victimes de violences. Ces subventions ont, par exemple, permis dans le département d’ouvrir 70 places d’hébergement supplémentaires ou d’investir dans deux grands appartements mis à disposition des victimes.

L’aide des femmes victimes est donc au cœur de l’action menée sur le plan national et départemental. 

La prochaine étape serait une montée en puissance des dispositifs de prise en charge des auteurs de ces violences. Un centre d’accueil des auteurs est d’ores et déjà opérationnel sur Tours, et doit amener au suivi d’un traitement et de soins pour les personnes responsables de telles violences envers leur partenaire et/ou leurs enfants.

Nous devons donc continuer à lutter contre les violences conjugales et intrafamiliales, où l’action publique doit continuer son rôle de protection des victimes.